Historique : de 1929 à 1970

De 1929 à 1960

En 1929, la faculté des lettres de Poitiers se classe au 3è rang des facultés des lettres de France (au nombre de 18) après celles de Paris et de Grenoble. Dans les années quarante, elle vient en tète des facultés de Poitiers du point de vue des effectifs : 784 étudiants en 1942-1943 (sans Tours ni La Rochelle) contre 682 en droit, 417 en sciences et 153 à l'école de médecine. Elle continue d'être et très  largement « la plus peuplée de nos facultés » dans les années cinquante (1955-1956 : 1 550 étudiants ; 1956-1957 : 1 730), vérifiant la longue tradition qui veut que la formation d'un homme passe d'abord par les « humanités ».

La hausse des effectifs s'accompagne d'une modification du cursus des études : en 1948-1949, l'année préparatoire au certificat d études littéraires générales (CELG) (qu'on prend l'habitude d appeler « propédeutique ») est mise en route : en 1950-1951 il y a 488 candidats en lettres inscrits à ce certificat avec des contingents appréciables préparés à Tours, à La Rochelle et à la « Catho » d'Angers. Le nombre des disciplines étudiées et la structure de la faculté aussi évoluent. De nouveaux territoires apparaissent à côte des cinq instituts qui composaient la faculté dans les années trente : philosophie, langue et littérature françaises ; archéologie, langues et littératures anciennes;  langues et littératures étrangères; histoire et géographie. De nouvelles langues vivantes sont étudiées et des « sciences humaines » font leur apparition : l'histoire de l'art avec René Crozet en 1938 ; la psychologie en 1957. La recherche apparait également dans sa dimension moderne avec la création d'un centre prestigieux : le Centre d'études supérieures de civilisation médiévale (1953). Ces évolutions aboutissent à une mue de la faculté des lettres qui devient « facultés des lettres et sciences humaines » par l'effet du décret du 13 juillet 1958.

Les effectifs de la faculté explosent alors : en 1959-1960, 57 000 étudiants sont inscrits en lettres (et sciences humaines) en France et on prévoit plus que leur doublement pour les dix ans a venir (130 000 en 1969-1970). De fait, les lettres et sciences humaines restent, et de loin, le secteur le plus peuplé de l’université de Poitiers : 3 384 inscrits en 1964; 4 109 en 1966 (en sciences, on enregistre 2 283 inscrits en 1964 et 2 546 en 1966). A la fin de l’année 1969, on y dénombre 5 045 étudiants (pour 162 emplois d'enseignants à temps complet, dont 17 postes de lecteurs, soit une augmentation de 19 emplois pour la rentrée 1970). Le vaste chantier entrepris derrière l’hôtel Fumé à la fin des années cinquante pour donner plus de place à cette ruche bourdonnante se révèle vite insuffisant. Les événements de 1968 couronnent ces années et tournent une page de l'histoire de la faculté.

Les années soixante ...

En 1969, la faculté est dirigée par un conseil transitoire de gestion présidé par Carol Heitz. On la découpe alors en quatre « unités de formation et de recherche » dont l'UER « Langues et littératures » qui prend le nom de « faculté des lettres et des langues » (3 000 étudiants). Le paysage universitaire est recompose : à la rentrée 1970, les langues vivantes (UER langues et littératures) « montent » sur le campus en compagnie des géographes et des psychologues qui appartiennent désormais à une autre UER. Les autres disciplines de sciences humaines restent à l’hôtel Fumé. Les « lettres » hésitent à déménager complètement et restent plusieurs années « à cheval » sur les deux sites (l'« AF » et la « NF » : l'ancienne fac et la nouvelle fac !) : elles ne se retirent complètement de l’hôtel Fumé qu'au début des années quatre-vingt-dix.
 

Les années soixante sont des années de grande effervescence à l'hôtel Fumé : de grandes figures y enseignent comme en témoigne la liste des 18 professeurs titulaires de l'année 1969, dont la plupart n'ont pas disparu des mémoires : Edmond-Rene Labande (histoire), Jeanne Delhomme, Jacques d'Hondt, Roger Garaudy et Jean Pucelle (philosophie), Henri Bardon (latin), Pierre Bee (grammaire et philologie), Ida-Marie Frandon et Yves Coirault (littérature française), Hélène Tuzet (littérature comparée), Francis Leaud et Jean-Robert Simon (anglais), Jules Bizet (allemand), Raymond Cantel et Aaron Lawton (portugais), Solange Corbin (musicologie), Roger Facon et Gdrard Maurer (géographie). De nouvelles disciplines apparaissent: la musicologie (1961), la sociologie. On suit les cours d'esthetique de Garaudy qui parle de son « ami » Picasso et de son « ami » Aragon ; on va à ceux de Greimas ; on se querelle autour du structuralisme naissant. Raymond Cantel fonde le Centre de recherches latino-americaines (1966).


Dictionnaire de l'université de Poitiers - Dalançon Joël
Geste Editions - ISBN 978-2-8461-942-5


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